Papa est en Voyage d'Affaires

Papa est en Voyage d'Affaires
Date de sortie : 1985

Réalisé par Emir Kusturica

Avec Miki Manojlovic, Mira Furlan, Mustafa Nadarevic

Film yougoslave. Genre : Comédie dramatique

Durée : 2h 16min. Année de production : 1985

Titre original : Otac na sluzbenom putu

Distribué par Films sans Frontières








Synopsis



En Yougoslavie, en 1952, à l'heure où Tito divorce d'avec Staline, il n'est pas bon de laisser paraître des penchants staliniens. Mesa, le père de Malik, victime d'une vengeance de sa maîtresse, est envoyé en camp de travail - pour ses enfants, il est "en voyage d'affaires". Alors que son frère passe son temps au cinéma, Malik, en réaction aux crises que traversent sa famille et son pays, se réfugie dans le somnambulisme... Lorsque la famille est à nouveau réunie, Malik redécouvre son père, et connaît ses premiers émois amoureux.









Papa est en Voyage d'Affaire, deuxième lonh métrage du réalisateur yougoslave Emir Kusturica, s'annonce comme étant son film le plus sombre. En effet, là où d'habitude, nous retrouvons l'univers déjanté associé à un propos grave et sombre, les éléments de folie sont presques inexistants dans ce film. Bien sur, on retrouve pourtant un univers drôle et touchant, accompagné par ses personnages charismatique.
Nous voici plongé dans l'aprés 45, debut 50, à l'heure où Tito vient de se séparer de Staline. Il est donc préférable de mesurer ses penchants staliniens. Un jour, Mesa, le père de Malick, à le malheur de laisser échapper une phrase devant sa maîtresse. Cette dernière, pour se venger, la répète au beau frère de Mesa. ce dernier est alors envoyé dans un camps de travail; pour ses enfants, leur mère leur dit qu'il est partit en voyage d'affaires. Confondue entre l'adultère de son mari et son abscence, Sena continue tout de même sa vie, présente pour ses enfants; lorsque son plus agé passe son temps au cinéma, Malick, quand à lui, se réfugie dans le somnambulisme, et interprète les événements à travers son regard d'enfant. Puis, la famille est de nouveau réunie, et Malick redécouvre son père, apperçoit de nouvelles facettes de son caractère, mais le considère toujours comme un héros.
Et l'on reconnaît bien ici la trace du réalisateur; c'est sa capacité à nous faire nous attacher à chacun de ses personnages, malgré leurs défauts et leurs vices; on reste sensible devant ce père de famille plongé constamment dans l'adultère, mais qui pourtant reste profondément aimant envers ses enfants et sa famille. On admire leur mère, et parfois, on éprouve de l'anthipatie envers elle. Quand aux enfants, on ne peut que s'attacher à eux, en particulier à Malick; cet enfant a peine agé de 10 ans qui observe la vie d'une regard ingénu mais pourtant réaliste; on sourit lorsque le réalisateur met en scène ses premiers émois amoureux, avec une petite fille de son âge. Si à certains moments, le film prête à sourire, c'est pourtant le drame qui l'emporte dans ce film. Papa est en Voyage d'Affaire est impregné d'une profonde mélancolie; car les visages des personnages, malgré leur apparence parfois insouciante, cachent pourtant une profonde soufrance . D'ailleurs, on retrouve les acteurs chers au réalisateur; Miki Manojlovic, Mirjana Karanovic.... Qui d'ailleurs sont comme d'habitude exellents.
C'est avec subtilité que Emir Kusturica dresse le portrait de la Yougoslavie en pleine évolution, au sein de laquelle Tito parvient encore à assurer la cohérence de leur pays; parallèlement, ce portrait nous montre la difficulté qui se présente à la population, à ces familles, de vivre au sein de ce climat de tensions et d'insécurité qui règne au sein du pays, quelques années avant son éclatement et ses guerres civiles.
Pourtant, malgré son propos trés intéressant, la mise en scène de Kusturica diffère beacuoup du reste de son oeuvre, dans le sens où elle reste trés sobre, et dénuée de tout élément de folie; un procedé, qui d'habitude, renforce de façon beaucoup plus virulente l'intensité du propos de ses films, puisque la folie, l'imaginaire contraste avec le drame. Là ou des films comme La Vie est un miracle, Underground ou Le Temps des Gitans nous transporte et nous captive complètement, Papa est en Voyage d'Affaire à tendance à trainer parfois un peu en longueur, et manque parfois d'intensité.
Papa est en Voyage d'Affaire se révèle être le film que j'aime le moins de ce réalisateur que j'admire beaucoup. S'éloignant trop, à mon gout,, de son univers beaucoup plus captivant et intense du reste de son oeuvre, Kusturica nous offre un film très sobre et sombre, ponctué de quelques touches d'humour, et d'émotion. Le propos de son film reste pourtant très intéressant et intelligent, conduit avec subtilité et justesse. Un film qui reste réussit, mais qui est loin d'être le meilleur du réalisateur selon moi.





Note : 15/20

# Posté le samedi 22 mars 2008 06:10

There Will Be Blood

There Will Be Blood
Date de sortie : 27 Février 2008

Réalisé par Paul Thomas Anderson

Avec Daniel Day-Lewis, Paul Dano, Dillon Freasier

Film américain. Genre : Drame

Durée : 2h 38min. Année de production : 2007

Distribué par Walt Disney Studios Motion Pictures France









Synopsis



Lorsque Daniel Plainview entend parler d'une petite ville de Californie où l'on dit qu'un océan de pétrole coulerait littéralement du sol, il décide d'aller tenter sa chance et part avec son fils H.W. à Little Boston. Dans cet endroit perdu où chacun lutte pour survivre et où l'unique distraction est l'église animée par le charismatique prêtre Eli Sunday, Plainview et son fils voient le sort leur sourire.
Même si le pétrole comble leurs attentes et fait leur fortune, plus rien ne sera comme avant : les tensions s'intensifient, les conflits éclatent et les valeurs humaines comme l'amour, l'espoir, le sens de la communauté, les croyances, l'ambition et même les liens entre père et fils sont mis en péril par la corruption, la trahison... Et le pétrole.










There will be Blood, acclamé par la critique, ce révèle être une oeuvre puissante, captivante, d'une réalisme surprenant. A travers ce film, le réalisateur Paul Thomas Anderson dresse un portrait virulent de l'impact de l'or noir en Amérique, ou comment sa découverte, son exploitation et sa prolifération à influencer les valeurs humaines.
L'histoire se découpe de façon chronologique, et l'ouverture du film se fait en 1898, sur le personnage de Daniel Plainview (Daniel Day-Lewis), seul, au milieu d'une région aride, commençant sa quête du pétrole. Nous le retrouvons quelques années plus tard, accompagné de foreurs cette fois, dans la même région, où un puit est été mis en place. A la suite d'un accident, Plainview recueille un bébé, attendri, et le montre aux yeux des gens comme son fils. Il commence alors à arpenter les villes d'Amériques, à la recherche d'un investissement qui ferait sa fortune. Un soir, un jeune homme lui confie que un ocean de Pétrole se trouverait dans une petite ville de Californie, perdue et isolée. Il décide de s'y rendre avec son fils, et ne tarde pas à faire fortune. Pourtant, dans ce climat étrange, où règne parole religieuse a tendance prophétique, proliferée par le prêtre Eli Sunday, la bonne fortune va très rapidement donner naissance à de vives tensions, animant l'envie, la haine, la colère et le crime. Plainview, qui recherche uniquement la fortune et le profit, est animé par une haine et une colère profonde des hommes qui l'entourent. C'est à travers ce personnage que le réalisateur expose avec force la noirceur de l'âme humaine lorsqu'elle se retrouve confrontée au profit et à l'ambition de la richesse.
Les dix premières minutes du film, sans aucune parole, nous plongent dors et déjà dans une ambiance noire et saisissante, annonciatrice d'un drame imminent. Puis, pendant 2h30, nous assistons à la longue descente aux enfers d'un homme, qui, entretenu entre la solitude la haine et la peur aussi, va renier toutes valeurs morales ; abandonner son fils puis le renier, céder au crime, faisant la perte de celui qui lui a offert la fortune, se convertir à l'église chrétienne pour obtenir sa pipeline, ect.. D'ailleurs, Daniel Day Lewis est saisissant de réalisme dans ce rôle, simplement formidable. Il incarne parfaitement le personnage complexe, faisant ainsi ressortir a la perfection ses la multiplicité de son caractère. Quand à Paul Dano, qui incarne Eli Sunday, en prêtre fanatique, il est également incroyable, sa prestation m'a bluffée.
A travers cette histoire, c'est malheureusement une triste vérité qui nous est renvoyée en pleine face. Car ici, ce sont les conséquences effrayantes de l'exploitation du pétrole qui sont exposées, mais c'est une vérité pour n'importe qu'elle exploitation d'une quelconque richesse. Lorsque l'Homme recherche le pouvoir et la fortune, il en a toujours été ainsi ; prêt à renier ses propres valeurs, à céder à la haine et au crime pour accéder à la gloire. Car finalement, toutes ces conquêtes à première vue très florissantes se résument au titre ; there will be blood, que se fût au XIXeme siecle ou aujourd'hui.
Enfin, le film est sublimé grâce à la photographie de grande qualité (qui contraste d'ailleurs avec son sujet), à la musique qui nous prend complètement, nous entrainant dans cette ambiance lourde et inquiétante qui règne tout le long du film.
En quelques mots, There Will Be Blood est une œuvre puissante, captivante, d'un réalisme frappant et effrayant. Paul Thomas Anderson livre une réflexion très juste et intelligente sur la capacité de l'Homme à détruire ce qu'il l'entoure lorsque la richesse lui sourit. Porté par Daniel Day-Lewis, qui livre l'une de ses plus grandes interprétations, There Will Be Blood est véritablement une très belle réussite.






Note : 18/20

# Posté le lundi 24 mars 2008 12:17

Changement (eh oui encore)

Changement (eh oui encore)
Bon, vous commencez à avoir l'habitude désormais^^
Un changement de blog s'impose, car de nouveau, certaines critiques ne me satisfont vraiment plus du tout;, et je n'aime pas lire ce qui ne me paraît vraiment pas bon (je ne me vante cependant pas d'être devenue entre temps un critique formidable), et préfere apporter de nettes améliorations à certaines critique du début.; c'est pourquoi je relance un nouveau blog, dans lequel je rééditerai les derniers articles qui me conviennent véritablement, et puis, je l'agencerai de manière un peu différente de celui ci. Bref, j'espere que vous continuerez tous à me suivre comme vous l'avez fait jusqu'à maintenant. Sur ce, je vous laisse le découvrir:





In-the-mood-for-cinema

# Posté le samedi 29 mars 2008 03:39